Conakry 3 :
Dans l’artère principale, il y a avait deux ou trois endroits considérés comme IN, il s’agissait de quelques salons de thé et pâtisseries, dont, une, se située au boulevard de la Victoire.
Celle-ci était toujours comble, tout un brassage y régnait, il y avait des libanais, quelques européens, et des guinéens et bien sur nous, les algériens. (Ils sont partout…).
La première chose qui me frappa, était la beauté de certaines peules, elles avaient des traits tracés au fusain, d’une finesse incroyable…j’étais en admiration devant la beauté qui s’étalait devant moi, devant ces femmes aux tenues africaines multicolores, coquettes et surtout majestueuses, cela devait certainement être dû aux tonnes de fardeaux qu’elles portaient sur leurs têtes et qui leurs donnait cette démarche, féline et onduleuse…
Je n’arrivais pas leurs donner d’âge, elles étaient bien conservées comme on dit, ça cela doit être génétique , sauf bien sur les toutes vieilles.
J'appris que diverses ethnies constituaient la Guinée : les Soussous, les Peules, les malinkés et les forestiers. Au début, je n’arrivais même pas à faire la différence entre les visages, tous se ressemblaient, puis avec le temps, je commençais à reconnaître leurs physionomies, leurs attitudes, voir même leurs langages.
Toujours souriants, voire pacifiques, c’est toujours avec gentillesse que j’étais accueillie dans divers lieux. Cependant ce calme, pouvait soudainement se transformer en un rien de temps en émeutes sanglantes et violentes.
Quand un voleur se faisait attraper, il se faisait lyncher sur place par toute une population, c’est une chose effrayante que d’assister à ce genre de scène, celui-ci se faisait courser et suivre par toute une meute de gens, qui le lynchait à coup de cailloux, souvent jusqu’à la mort. Il suffisait qu’au marché, un guinéen crie : "au voleur", "au voleur" et toute une population se mettait à le chasser.
Parfois, On pouvait tranquillement être assis autour d’un café et subitement l’atmosphère se chargeait et virait, la ville se dépeuplait, les magasins se fermaient, d’ailleurs le signe avant coureur de toute catastrophe ou évènements particuliers étaient la fermeture des commerces libanais. Eux étaient toujours informés et ayant souvent peurs pour leurs biens fermaient baissaient leurs rideaux jusqu’à nouvel ordre…
Quand on se promenait et qu’on assistait à ces fermetures, il fallait vite rentrer chez soi et attendre.
Attendre…que la tempête se passe.